Le Parquet a déposé ce jeudi les actes d'accusation contre les suspects dans l'affaire de contrebande vers la Bande de Gaza. Celle-ci implique des soldats réservistes, dont Betsalel Zini, le frère du chef du Shin Bet, qui auraient profité de leur uniforme et de leurs fonctions au sein de Tsahal pour mener ces opérations illégales et très lucratives.
Selon les actes d'accusation déposés auprès du tribunal de district de Beer-Sheva, l'opération portait principalement sur la contrebande de tabac et de cigarettes. Ces produits, dont la valeur se chiffre en millions de shekels, auraient assuré au Hamas une manne financière cruciale, lui permettant de maintenir sa survie économique et son contrôle territorial, toujours selon les actes d'accusation.
Les faits remontent à l'été 2025, période pendant laquelle la Bande de Gaza était classée zone militaire fermée, l'accès n'étant autorisé qu'à des fins strictement opérationnelles. Les autorités israéliennes exerçaient alors un contrôle rigoureux sur le type et la quantité de marchandises pouvant y pénétrer.
En effet, pour le Hamas le contrôle des marchandises entrantes revêtait une importance capitale. C'est pourquoi l'organisation terroriste tenait à prendre le contrôle des marchandises introduites à Gaza et imposait une "taxation" par divers moyens, dans le cadre du maintien de son pouvoir et de sa force.
Pour l'heure, trois actes d'accusation ont été déposés dans le cadre de cette affaire contre trois soldats réservistes:
Betzalel Zini (50 ans) d'Ofra, réserviste qui servait comme responsable de l'enveloppe logistique de la "Force Uriya" et détenait des autorisations d'entrée de convois de véhicules dans la Bande de Gaza. Zini aurait participé à trois opérations de contrebande portant sur environ 14 cartons de cigarettes via le point de passage de Sufa. Il aurait empoché 365000 shekels.
Par ailleurs, l'acte d'accusation décrit notamment qu'un mois après la troisième opération de contrebande, Zini a dit à Aviel Ben David qu'il avait une connaissance dans l'Unité 8200 qui l'aurait alerté sur le fait qu'ils risquaient d'être découverts - et qu'il avait la capacité de les aider, de sorte que leurs noms n'apparaissent pas dans le système. En échange, toujours selon l'acte d'accusation, Zini a expliqué qu'il avait été sollicité pour organiser du matériel militaire pour l'unité de cette connaissance. Zini, est-il écrit, a demandé à Aviel environ 100000 shekels - et ce dernier a accédé à la demande et les lui a transférés. L'acte d'accusation ne précise pas ce qu'il est advenu de cette requête, ni si Zini a transmis l'argent à ladite connaissance.
Aviel Ben David (31 ans) de Kiryat Gat, réserviste de la "Force Uriya". Cinq opérations lui sont attribuées pour un gain d'environ 815000 shekels.
Amir Dov Halperin (38 ans), qui connaissait Ben David. Il se serait livré à cinq opérations lui rapportant quelque 4,3 millions de shekels, dont une partie redistribuée à ses complices.
Selon les actes d'accusation, les accusés ont agi avec d'autres, dont Eliran et Avishay Elgrabli, Meni Abutbul et Ofer Sanker, dans des compositions variables pour la contrebande de cigarettes et le partage des profits. Cela tout en trompant les soldats aux points de passage vers la Bande de Gaza en prétendant entrer dans le cadre de leur service militaire à des fins sécuritaires.
Pour le Parquet, les prévenus et leurs complices savaient pertinemment que ces marchandises risquaient d'aboutir entre les mains du Hamas et de renforcer l'organisation terroriste. Selon l'acte d'accusation, ils étaient mus par l'appât du gain et ont délibérément contourné les restrictions imposées par Israël dans le cadre de l'effort de guerre, en dépit des graves implications sécuritaires.
Les charges retenues sont lourdes : aide à l'ennemi en temps de guerre, activités sur des biens à des fins terroristes, obtention frauduleuse de biens en circonstances aggravantes, corruption passive et active pour certains, ainsi que des infractions fiscales et des violations de la loi antiterroriste. Le parquet réclame par ailleurs la confiscation de leurs biens.
Betsalel Zini reconnaît avoir reçu des centaines de milliers de shekels, mais nie catégoriquement que cet argent constituait une rétribution pour son aide à des opérations de contrebande vers la Bande de Gaza. Selon sa version des faits, il était convaincu qu'il s'agissait d'un don légal qu'un soldat de son unité avait obtenu pour financer les activités de celle-ci.
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